Concert « Mixtes lauréats » – vendredi 20 novembre 2026 Auditorium du conservatoire de Nice 19h00

Raphaël Villani, Like pointing at stars, pour piano et électronique (2024) (*)

Tuomas Kettunen, The Pirate Bay, pour saxophone baryton et électronique (2024) (**)

Shuya Xu, Le mirage de Lamu, pour ensemble instrumental et électronique (2004) Monica

Artun Çekem, Paraudiolia, pour ensemble instrumental et électronique (***) (2026)

Ivo Malec, Lumina, pour ensemble de cordes et bande (1968)

Lauréats du concours de composition Mixtes 2026 (*catégorie 3, **catégorie 2, ***catégorie 1)

Ensemble Mêtis, saxophone baryton solo, Alberto Chaves Zamora,

Ensemble Découvertes du Philharmonique de Nice, direction Léo Warynski

Studio Instrumental et élèves de la classe de musique électroacoustique, électroacoustique temps réel sous la direction de Monica Gil Giraldo – Selen Safak, Heja Can Deniz, Tümer Uluçinar.

Raphael Vilani

Like pointing at stars est une pièce pédagogique pour piano et électronique qui vise à offrir aux pianistes sans expérience en musique mixte, un environnement leur permettant d’explorer librement les relations dynamiques entre performance instrumentale et sons électroacoustiques sur ordinateur. L’objectif principal est d’encourager le dialogue entre les deux dans une situation de type musique de chambre où chacun réagit l’un par rapport à l’autre. La pièce est composée de dix fragments indépendants qui peuvent être joués dans n’importe quel ordre souhaité par l’interprète, y compris l’omission d’un ou plusieurs d’entre eux. L’interprète est ainsi amené à explorer de nombreuses combinaisons avant de décider laquelle il préfèrera jouer au concert.

Raphael Vilani réside à São Paulo au Brésil, il est compositeur, chef d’orchestre et réalisateur en informatique musicale. Actuellement doctorant au Studio PANaroma (UNESP) sous la supervision de Flo Menezes, sa recherche s’oriente vers les nouvelles formes d’interaction entre la performance instrumentale et l’électronique. Sa musique a été jouée dans la série de concerts T-Son, BIMESP et le Festival Musicales d’Assy. Il a remporté le 2e prix du 6e concours de composition Mauricio Kagel et a été finaliste du 1er concours de composition Harpe Solaire. En tant qu’assistant en informatique musicale, il a travaillé sur de nombreux projets, dont la création de l’opéra de Menezes « Oposicantos », la première brésilienne de « Mikrophonie I » de Stockhausen et a collaboré avec de nombreux musiciens, dont ceux de l’Ensemble L’Itinéraire.

Raphael Vilani is a composer, conductor and computer music designer from São Paulo, Brazil. He’s currently a PhD degree candidate at Studio PANaroma (UNESP) under the supervision of Flo Menezes, researching new forms of interaction between instrumental performance and electronics. His music has been performed in the T-Son concert series, BIMESP and Festival Musicales d’Assy. He won the 2nd prize in the 6th Mauricio Kagel Composition Competition and has been a finalist for the 1st Harpe Solaire Composition Competition. As a computer music assistant, he has worked on many projects, including the creation of Menezes’ opera « Oposicantos », the brazilian premiere of Stockhausen’s « Mikrophonie I », and collaborating with many musicians, including the Ensemble L’Itinéraire.

Tuomas Kettunen – lauréat catégorie 2, musique de chambre et électronique

The Pirate Bay traite de la nostalgie numérique, du piratage sur Internet et de la relation hommes/machines. Comme base de matériau musical, Kettunen utilise les sons mécaniques issus des ordinateurs, tels que ceux du clavier, de la souris et du matériel. La musique jouée par le saxophone est démultipliée et traitée à l’aide de l’électronique temps réel, se diffusant dans le temps et l’espace.

Le titre fait allusion au site web controversé dont les utilisateurs ont pu partager de vastes quantités d’éléments, la plupart en violation des lois sur le droit d’auteur, surtout dans les jours qui ont précédé l’essor des services de streaming. Le partage de données sur Internet a radicalement transformé les modes de distribution de la musique et des films, la position des utilisateurs vis-à-vis des lois sur le droit d’auteur et le rôle de l’auteur derrière les œuvres.

Tuomas Kettunen (1992) est un compositeur finlandais de musique contemporaine classique. Il est titulaire d’un master en composition musicale de l’Académie Sibelius à Helsinki où il a étudié avec Tapio Tuomela. Kettunen a également étudié la composition à Los Angeles, en Californie, à l’USC Thornton School of Music. Il a aussi assisté à de nombreux cours internationaux de composition prodigués par de nombreux compositeurs réputés de notre époque. Dans sa musique, Kettunen cherche à créer des mondes sonores magiques, originaux et abstraits, jetant des ponts entre le monde de la musique et celui qui l’entoure. Dans ses œuvres, l’accent est mis sur l’exploration de la répétition, que ce soit à travers un motif rythmique ou mélodique, une séquence harmonique ou un élément structurel plus large. Il utilise souvent du matériau extra-musical : clip vidéo, son ou phénomène naturel comme étincelle dans son processus créatif. Les titres de ses œuvres portent souvent une résonance métaphorique, ouvrant des couches supplémentaires d’interprétation.

” The Pirate Bay” addresses digital nostalgia, internet piracy, and the relationship between humans and machines. As the basis for his musical material, Kettunen uses mechanical sounds associated with computers, such as those of keyboard, mouse and hardware. Music played on a saxophone is multiplied and processed with the help of live electronics, spreading in time and space.

The title alludes to the controversial website the users of which were able to share vast amounts of material most of which contravened the copyright laws, especially in the days before the rise of streaming services. The sharing of the material on the internet has radically altered the distribution of music and films, the position of users vis-à-vis the copyright laws, and the role of the author behind the works.

Tuomas Kettunen (b. 1992) is a Finnish composer of contemporary classical music. He holds a Master of Music in music composition from the Sibelius Academy in Helsinki where he has studied composition with Tapio Tuomela. Kettunen has also studied composition in Los Angeles, California, at USC Thornton School of Music. He has has also attended many international masterclasses in composition taught by many notable composers of our time. With his music, Kettunen seeks to create magical, quirky, and abstract sonic universes that build bridges between the world of music and the world around it. In his works, a central focus has been the exploration of repetition—whether through a rhythmic or melodic pattern, a harmonic sequence, or a larger structural element. He often uses extra-musical material, such as a video clip, a sound, or a natural phenomenon as a spark in the creative process. The titles of his works often carry a metaphorical resonance, opening additional layers of interpretation.

Shuya Xu – Le mirage de Lamu

Commande du Cirm – festival Manca 2004 (RIM Robin Meier), cette pièce constitue le deuxième volet d’une série sur Lamu. La première pièce étant L’âme de Lamu, pour soprano et ensemble, créée au Festival de Leagues des Compositeurs d’Asie en 2002 à Séoul par le Nieuw Ensemble d’Amsterdam. Lamu est un nom d’une fille tibétaine dans l’histoire ancienne et il inspire l’amour et la pureté. Cette fille est imaginaire, symbolique et attachant du chant traditionnel dans les espaces de neige et de montagne qui sont la source de la religion tibétaine. La musique est construite en quatre parties :

  1. Neige, le rythme et le silence.
  2. Lac du Saint, le chant imaginaire et le 14 chant instrumental.
  3. Montagne, le jaillissement du rythme et la continuité du son en spirale.
  4. Kano, les variations du chant de paysage et les résonances des couleurs multiples. Cette œuvre est dédiée à Grace.

Shuya Xu (Jilin – Chine, 1961) En 1978, après la Révolution culturelle et l’ouverture des universités, il est l’un des premiers étudiants à s’inscrire au Conservatoire de Musique de Shanghaï où il étudie la composition avec Zhu Jian-Er et Ding Shan-De. À partir de 1983, il y enseigne l’harmonie puis la composition. En 1988, il reçoit une bourse du Gouvernement français et il s’installe à Paris. Il entre au Conservatoire de Paris dans les classes d’lvo Malec et d’Alain Bancquart, puis dans les masterclasses de Karlheinz Stockhausen, Klaus Huber et Franco Donatoni. Il obtient le Premier Prix de composition en 1992, et suit, les deux années suivantes, le troisième cycle de composition. Il est professeur de composition et fonde le Centre informatique et multimédia au Conservatoire de Musique de Chine à Pékin en 2002. Il remporte le Prix de la Fondation Alexandre Tcherepnin à New York, le premier Prix du Concours de Besançon, le Prix du Grands Awards de musique électroacoustique de Bourges, et le Prix Luigi Russolo en Italie. Il est élu, en Chine, musicien de l’année 1992. La musique de Shuya Xu est présente dans les festivals internationaux en Europe et en Asie. En 2010, Xu Shuya est directeur musical pour la cérémonie d’ouverture de l’exposition universelle de Shanghai. Shuya Xu est aussi président de la Shanghai Musicians Association, Directeur du Comité Artistique du Shanghai Spring International Music Festival (SSIMF) et enseigne la composition et la musique électronique au Conservatoire de Shanghai.

Artun Çekem – lauréat catégorie 1, musique pour ensemble et électronique

Paraudiolia a été conçu en référence au phénomène connu sous le nom de paréidolie : la tendance à percevoir des modèles semblables à l’humain dans les stimuli non humains. Alors que le terme fait généralement référence au domaine visuel (par exemple, découvrir des visages dans l’écorce d’un arbre), la paréidolie auditive existe également, un domaine exploré par certains chercheurs et compositeurs, dont Diana Deutsch et Trevor Wishart.

M’inspirant de ce concept, j’ai cherché à créer une pièce imprégnée de sons ressemblant à ceux produits par des êtres humains, depuis des sons purement instrumentaux à d’autres explicitement humains, et pouvant se trouver n’importe où entre les deux.

Ce travail emploie une collection d’outils et d’approches, dont le morphing spectral, l’apprentissage automatique, et un mélange d’échantillons vocaux enregistrés ou synthétisés, le but étant d’intégrer la perception de présences humaines momentanées dans une composition par ailleurs abstraite. Plutôt que d’encourager l’auditeur à se demander si un son donné est de provenance humaine ou non, Paraudiolia propose de dissoudre ces distinctions, permettant ainsi aux sons d’être reçus comme un mélange flou de l’objet et du sujet.

Artun Çekem est un compositeur d’Istanbul, en Turquie, dont l’œuvre se présente à l’intersection des musiques de concert, de la technologie et de la performance. Il trouve souvent son inspiration dans l’insolite et, plus particulièrement, dans l’étrangeté qui est latente au sein des entités anthropomorphiques. Les esthétiques de l’étrange, la défamiliarisation, les sous-cultures d’internet et l’exploration des zones liminales entre humain et non-humain sont des thèmes récurrents de son travail. Sa recherche artistique poursuit deux objectifs : en tant qu’enquête humaniste, interroger les limites ontologiques de l’humanité ; et en tant que plaidoyer éthique, remettre en question les cadres dualistes qui limitent notre compréhension du corps humain et de la morale sociale.

Son travail a été joué sur des scènes de musique contemporaine en Asie, en Europe et en Amérique du Nord, notamment : Gaudeamus (Pays-Bas), MA/IN (Italie), Mixtur (Espagne) et Written for Talea (États-Unis). Il a collaboré avec des interprètes d’ensembles réputés tels que l’International Contemporary Ensemble, l’Ensemble Intercontemporain, l’Ensemble Talea, Ekmeles et TM+, parmi d’autres.

Paraudiolia was conceived in reference to the phenomenon known as pareidolia: the tendency to perceive human-like patterns in non-human stimuli. While the term typically refers to visual experiences (e.g., recognizing faces in tree bark), auditory pareidolia also exists, as explored by researchers and composers including Diana Deutsch and Trevor Wishart. Drawing from this concept, I sought to create a piece that is permeated with human-like sounds, ranging from purely instrumental to explicitly human, and anywhere in between.

The work employs a collection of tools and approaches such as spectral morphing, machine learning, and a mix of synthesized and authentic vocal samples, all with the purpose of embedding momentary human presences within an otherwise abstract composition. Rather than encouraging the listener to question whether a given sound is human or not, Paraudiolia invites these distinctions to dissolve, allowing all sounds to be received under a blurred amalgamation of object and subject.

Artun Çekem is a composer from Istanbul, Turkey, whose work exists at the intersection of

concert music, technology, and performance. He often finds inspiration in the uncanny and, more prominently, the uncanniness that is latent within anthropomorphic entities. Recurring themes in his work include uncanny aesthetics, defamiliarization, internet subcultures, and the exploration of liminal zones between the human and the non-human. His artistic research pursues two aims: as a humanistic inquiry, to question the ontological boundaries of humanness; and as an ethical advocacy, to challenge dualistic frameworks that constrain our understanding of human physicality and moral agency.

His work has been featured in contemporary music stages across Asia, Europe, and North

America, including platforms such as Gaudeamus (Netherlands), MA/IN (Italy), Mixtur (Spain), and Written for Talea (USA). He has collaborated with performers from leading ensembles including International Contemporary Ensemble, Ensemble Intercontemporain, Talea Ensemble, Ekmeles, and Ensemble TM+, among many others.